Monsieur Cocorico

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L’ortie

Les fibres d’ortie ont été qualifiées de matériaux de l’avenir, car elles sont écologiques, durables et constituent une alternative indispensable aux fibres plastiques. Nous avons voulu nous plonger dans l’histoire des fibres d’ortie, dans leur fabrication et dans les avantages qui leur ont valu ce noble titre.

Qu’est-ce que le tissu d’ortie ?

Le panorama des fibres naturelles et durables s’est élargi ces dernières années, redécouvrant des matériaux anciens et traditionnels qui ont été négligés au profit du coton ou des fibres synthétiques. L’intérêt croissant pour la durabilité et le retour de l’attention de l’industrie de la mode sur ces fibres ont prouvé qu’elles étaient une excellente solution pour diminuer l’usage du coton et des matériaux artificiels, comme le polyester ou la viscose. L’une de ces fibres est l’ortie, également connue sous le nom Urtica Dioica, une plante herbacée vivace à fleurs originaire d’Europe.

Généralement, les tissus à base d’ortie sont fabriqués avec l’ortie de l’Himalaya, ou Girardinia Diversifolia, car, bien que ces deux variétés soient biologiquement similaires, leurs fibres sont très différentes. L’ortie de l’Himalaya – également connue sous le nom de Ramie – est brillante en surface, possède le plus long fil actuellement connu et, une fois filée, est plus fine, mais aussi plus robuste et plus élastique que le lin. Elle n’est cependant pas aussi durable. 

Depuis que l’intérêt pour les fibres durables et les alternatives au coton s’est accru dans les pays occidentaux, de nombreux agriculteurs et producteurs en Allemagne ont commencé à cultiver l’ortie, qui s’est avérée très polyvalente et caractérisée par sa finesse et sa flexibilité. Les fibres d’ortie présentent également d’excellentes propriétés de traction grâce à la fraction volumique de cellulose et à la résistance à la traction la plus élevée de 40 à 50 cN/tex des fibres entièrement naturelles (à titre de comparaison, le coton est de 16 à 17, le lin de 20 à 23, le chanvre de 22 à 30 et le polyester de 60 cN/tex). 

Contrairement aux fibres de chanvre, la culture de l’ortie ne pose aucun problème juridique, ce qui fait de cette plante une culture viable et légale. Comme le chanvre, l’ortie utilise également beaucoup moins d’eau et aucun pesticide pour sa culture par rapport au coton ; elle est pérenne – ce qui signifie qu’elle peut être récoltée chaque année – et a un taux de croissance élevé, ce qui en fait une ressource rapidement renouvelable.

Histoire

L’utilisation de la fibre d’ortie pour l’habillement n’est pas un phénomène nouveau. En fait, les gens utilisent les fibres d’ortie de cette manière depuis environ deux mille ans, les premières traces remontant à l’âge du bronze à Voldtofte, au Danemark. Il existe également des preuves de la production de tissus d’ortie dans toute l’Europe, notamment en Scandinavie, en Pologne et en Allemagne, ainsi qu’en Russie, en Chine et au Japon. 

L’utilisation des fibres d’ortie pour l’habillement a diminué à partir du XVIe siècle, lorsque l’industrie du coton a commencé à se développer, étant plus facile et plus pratique à récolter. En Pologne, les fibres d’ortie ont été utilisées jusqu’au XVIIe siècle, avant d’être remplacées par la soie. En Écosse, les fibres d’ortie ont été utilisées jusqu’au XIXe siècle, où elles étaient connues sous le nom de Scotch Cloth. Il y a eu une brève résurgence des fibres d’ortie en Allemagne pendant la Première Guerre mondiale, où elles ont été utilisées pour les uniformes, en raison d’une pénurie de coton. 

Aujourd’hui, l’utilisation des fibres d’ortie est à nouveau en hausse, car le besoin de fibres naturelles durables est de plus en plus pressant. Les orties sont biodégradables, ce qui les rend préférables aux fibres à base de plastique comme le nylon, l’acrylique et le polyester. Elles sont également moins gourmandes en ressources que le coton et sont donc plus respectueuses de la planète. 

L’avenir des fibres d’ortie

En raison de l’inquiétude croissante concernant les dommages causés à l’environnement par la culture du coton pour la mode rapide, une nouvelle tendance se dessine pour les fibres d’ortie utilisées dans les tissus écologiques. De nouveaux progrès ont été réalisés dans les technologies de filage ainsi que dans les croisements pour produire les meilleures plantes d’ortie à haut rendement en fibres.

Les avantages de l’ortie

Comment le tissu d’ortie est-il fabriqué ?

La tige d’écorce de l’ortie contient des fibres qui peuvent être transformées en textiles. Dans l’Himalaya, ces fibres sont encore collectées. L’écorce est ensuite retirée de la tige et les fibres sont étalées au soleil et séchée pendant trois jours. Elles sont ensuite mises dans un étang pendant environ 10 jours et rincées. Elles peuvent alors être filées en fils rugueux. Ce procédé ne fonctionne pas pour tous les types d’orties ; certaines se désintègrent dans l’eau.

L’ortie est une plante naturellement résistante, ce qui signifie qu’elle n’a pas besoin de la quantité de pesticides et de produits chimiques dont les fibres comme le coton ont besoin pour pousser. Les orties poussent également bien dans les climats pluvieux et dans d’autres zones habituellement impropres aux cultures.

Aujourd’hui, les tissus d’ortie sont produits en extrayant les fibres de la tige en les faisant tremper dans l’eau. La couche extérieure « écorce » est utilisée pour fabriquer des paniers. Des machines semblables à celles utilisées pour la production de chanvre sont utilisées pour éplucher la tige restante et extraire les fibres. Celles-ci sont ensuite filées en fils qui peuvent être tissés en tissus, soient entièrement à base d’ortie, soient mélangés à d’autres fibres naturelles comme le chanvre, le coton et la laine. Les orties produisent également une teinture naturelle. Les feuilles produisent une teinture verte et les racines une teinture jaune, de sorte qu’aucune partie de la plante n’est gaspillée dans la production.

Utilisations finales du tissu d’ortie

L’ortie est utilisée dans l’industrie textile pour la fabrication de vêtements pour concevoir des : Jeans, vestes, chemises et robes, mais également pour fabriquer des :